Marc-Antoine Carrier, les études avant tout!

Vincent Éthier

Ce n’est jamais facile de concilier sport et études lorsqu’on évolue dans un calibre aussi relevé que celui de la LHJMQ. C’est le défi continuel que doivent relever la majorité des patineurs du circuit Courteau. Arrivé en fin de saison avec les Remparts de Québec Marc-Antoine Carrier ne fait pas exception à la règle, surtout que pour lui, les études passent en premier. Ce jeune homme, originaire de Saint-Michel-de-Bellechasse, a toujours été un étudiant sérieux qui n’avait aucun mal à accorder sa passion pour le hockey à son goût pour les travaux scolaires. À la fin de sa quatrième secondaire, un peu déçu de son passage dans le midget AAA, il décide de poursuivre l’aventure scolaire à Lake Placid. Dans sa tête tout est réglé comme du papier à musique. Il fera deux ans à Lake Placid, le temps d’obtenir les crédits nécessaires au high school  avant d’entreprendre un exigeant cours en médecine à Brown University. «Je ne croyais pas que le junior majeur était l’avenue qui me convenait d’où l’idée de m’expatrier aux États-Unis.»

C’est alors qu’une véritable course contre la montre débute. «C’était à nous, les joueurs-étudiants, d’établir notre horaire en fonction des pratiques et des parties de hockey. Notre coach nous signait une lettre que nous remettions aux différents profs leur expliquant que nous ne pourrions être en classe cette journée-là. Mon programme était très exigeant avec des cours en matinée suivis d’expériences en laboratoire et de la rédaction d’un rapport pour compléter le tout.» Avec l’entraînement tôt le matin avant d’aller en classe et les matchs de la fin de semaine, Marc-Antoine tire de la patte. En plus, lors de la première session, il est affaibli par une mononucléose et doit abandonner certains cours. À la session suivante, il tente de rattraper le temps perdu, mais c’est peine...perdue! En plus, les notes ne reflètent pas ses efforts. «J’avais eu un C en chimie, un autre en biologie moléculaire et ce n’est pas avec des C que tu entres en médecine. Pour ajouter aux problèmes, je savais que les cours les plus difficiles s’en venaient!»

Au début de la deuxième année, le constat fait mal, il est incapable de concilier les deux. «Je ne suis pas un étudiant qui a une bonne mémoire photographique. Je dois donc travailler et bûcher davantage pour avoir de bonnes notes. J’avais des résultats ordinaires à l’école et au hockey.» Comme à ses yeux les études sont plus importantes que le hockey, c’est la mort dans l’âme qu’il laisse tomber le sport. La question se pose par la suite : «Si je ne joue plus au hockey, pourquoi rester à Brown, surtout que c’était très exigeant financièrement, car cette université ne donne pas de bourses pour le sport. Aussi bien revenir au Québec et poursuivre mes études.»

De retour chez lui, surprise, il reçoit un appel de Joël Bouchard, directeur gérant de l’Armada de Blainville-Boisbriand qui détient ses droits dans la LHJMQ. Marc-Antoine est catégorique, le junior majeur ne fait pas partie de ses plans. Le hockey, c’est bel en bien terminé. «Il me rappelle quelques semaines plus tard et mon discours demeure le même. Il m’échange donc aux Remparts. Au bout du fil, Patrick Roy. Sincèrement, je lui ai donné la même réponse et tout était clair dans ma tête.» La différence c’est que son horaire à St-Lawrence est moins astreignant que prévu. «Je me suis rendu compte que je pouvais jouer au hockey et ça n’a pas été long avant que Patrick ne l’apprenne.» S’ensuit une deuxième rencontre avec le 33 où les deux hommes mettent cartes sur table. Oui Marc-Antoine veut endosser l’uniforme des Diables rouges, mais pas question que ça nuise à ses études. Le coach, qui en a vu d’autres, lui accorde une certaine liberté, ce que Marc-Antoine a bien apprécié. «Il n’y a pas eu de changements en cours de route, on a vraiment respecté l’entente du début.»

Il se peut maintenant que Marc-Antoine revienne comme joueur de 20 ans avec les Remparts, la décision va se prendre plus tard cet été. Au niveau académique il a encore des cours à suivre à l’université Laval avant de demander un changement de programme et de faire son entrée en médecine en septembre 2013, si tout se passe comme prévu. Serait-il prêt à mettre ses études en veilleuse pour accéder à un niveau supérieur au hockey? «C’est certain que c’est le rêve de tout jeune joueur d’accéder un jour à la Ligue nationale. Si j’ai une invitation d’un club professionnel pour participer à un camp d’entraînement c’est certain que je vais y aller, c’est une expérience à vivre. Par contre, ai-je le goût de passer deux ou trois ans dans la Ligue américaine avant de faire le saut dans la Ligue nationale? Avec tous les efforts que j’ai mis dans mes études jusqu’à présent, la réponse est non.» Mais comme on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve...

 

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